Le Favre d'Anne, bonheur en bord de Maine
Après l'opus 1, décliné en décembre 2006, nous voici de retour dans la belle maison des bords de Maine, une
étoile plus tard. L'impression que nous avions eu la première fois sur la cuisine de Pascal Favre d'Anne, inventive et maitrisée,
est la même aujourd'hui. Les beaux produits sont au rendez-vous et les sensations aussi.
Le chef aime la nature
Pleine de fraicheur, une jolie mise en bouche fleurie, bourrache et radis, surprenante gelée de reine des prés,
mousse de mélisse et fromage blanc, nous met en appétit. Un foie gras chaud (et fondant) fait une association convaincante
et contrastée, fraiche et tiède, avec un croustillant de pignon et une glace d'ortie. Beau mélange de saveurs avec un saint
Pierre cuit à point, escorté d'un " amandotto " au jus d'asperge, émulsion d'orange et asperges du pays.
Suave et craquant, " l'amandotto ", rizotto d'amandes et émulsion d'asperges blanches ravit le palais.
C'est tout bon
Un plat qui marche tout seul que ce veau fermier, goûteux sans être trop tendre, gardant toute son animalité,
avec cet admirable gâteau de morilles
liquides, et ces succulents cannelonis aux ris de veau. En quelques
coups de fourchette, c'est sous-bois et pâturages dans les narines, herbe fraiche et rosée du matin comprises. A
déguster et savourer sans conditions!
Signalons le vin, un Saumur Champigny "Amateüs" 2006 de chez Sébastien Bobinet,
d'une belle intensité, conseillé par Mathilde Favre d'Anne. Réjouissant! En place et lieu du fromage,
d'onctueuses glaces roquette et gorgonzola, faites maison et à la commande.
Sacré dessert salé
Finish au sucré avec un généreux macaron fraise et Bijane, citron confit et, pour les inconditionnels du salé, un couscous
légumes, croustillant de crème chiboust, semoule de choux-fleurs et glace à l'aubergine. Une des particularités de la
maison est de proposer, sous la dénomination "le légume du moment", un dessert salé... avec succès! Déterminés,
Les Favre d'Anne continuent sur leur lancée et le travail de Pascal Favre d'Anne sur sa cuisine décomplexée et sensible,
créative , généreuse dans ses intentions, porte ses fruits...et promet de belles années en perspective.
On ne peut que s'en réjouir...et nos papilles avec!
LS (05-2008)
Une belle maison, sur les bords de Maine, face au château et à la cathédrale (la plus belle vue d'Angers,
n'est-il-pas ?), un lieu chaleureux et épuré, raffiné mais non ostentatoire, crème et ardoise, blanc et bois. Une petite salle en
bas, ouverte le midi, avec une carte plus simple mais néanmoins goûteuse... et un feu dans la cheminée ! A l'étage, une grande et
belle salle avec à chaque extrémité un salon pouvant accueillir une douzaine de convives.
Un choix juste dans la décoration
et l'aménagement qui permet de se concentrer sur l'assiette. Agréable accueil de Mathilde et Pascal Favre d'Anne, qui vous
accueillent comme dans leur maison (ce qui est un peu vrai), souriants, simples et pas guindés.
Bon et alors la cuisine,
me direz-vous ? Je vous répondrai étonnement, surprise(s), plaisir, harmonie. On se laisse aller à fermer les yeux pour tout
comprendre, tout sentir, pour garder en bouche toutes ces sensations. Textures, jeux aromatiques, équilibre des arômes, ou chaque
détail à son importance. Les saint-jacques blanc de poireaux et leur vinaigrette solide, fraiche en bouche et faisant ressortir
avec une légère pointe d'amertume chaque composant du plat, le foie-gras de canard fermier avec sa soupe de canard à la cardamome,
son pain d'épices maison et son milk-shake à l'orange et cointreau, fondant à souhait avec ce beau ressenti de la cardamome, exquis
mélange.
Et ce râble de lièvre et son velouté de topinambours laqués, étonnant, dans une belle présentation, rien à rajouter... peut-on-dire
parfait ? Et mon filet de bar et sa savoureuse compotée de fenouil à l'anis, harmonie vous dis-je !
On se doit de parler du
pré-dessert, une île flottante renversée et renversante et son caramel au beurre salé. Les desserts : ananas flambé, macarons à la
vanille et crème pina colada avec le côté légèrement grillé de l'ananas, que le macaron adoucit et que la crème de pina colada
continue à atténuer. Et moi, une crème brulée aux cèpes et une tarte aux
chanterelles, comment expliquer cette sensation en bouche, de sucré et de "parfum" de champignons, carrément bluffant et tellement
"juste" comme il faut !
Une belle carte des vins, conseillée avec soin par Mathilde.
Le lieu n'est ouvert que depuis quelques mois mais on a l'impression que déjà chaque chose est à sa place : accueil et service, plénitude du lieu,
cuisine maitrisée.
Pascal, savoyard des bords de Maine, du même village que Marc Veyrat (et qui a travaillé chez lui) fait ici une belle cuisine,
inventive et surprenante, ambitieuse et harmonieuse, qui joue sur l'élégance des accords et une créativité sans complexes.
Alors faites-vous plaisir car c'est une bien belle maison que la maison des Favre d'Anne.
LS (12-2006)
Restaurant Le Favre d'Anne
(Voir le plan sur Google Maps)
18, quai des Carmes
49100 Angers
Tél. : 02 41 36 12 12
Infos pratiques :
En bas l' r du temps :
Menus 20, 24, 28, 32 euros.
Ouvert du mardi au samedi midi.
En haut, fermé dimanche et lundi.
Menus:
Saveurs, 40 euros.
Envolée des saveurs, 50 euros.
Fou de saveurs, 60 euros.
Harmonie de saveurs, 70 euros.
Symphonie des saveurs, 80 euros.
Ce que l’on peut y déguster :
Foie gras chaud au pistou d'orties, tuile aux pignons.
St Pierre, "Amandotto" au jus d'asperges, émulsion d'orange et asperges du pays.
Rôti de lotte au jambon de Savoie, pied de cochon, crêmet d'Anjou et purée fumée.
Veau fermier, gâteau de morilles liquides, "carbonara" aux ris de veau.
Gorgonzola, glace roquette, suc de tomates et grossini.
"Choc-cube" lacté et nougatine.