Fondo Supper Club programme une nouvelle série de dîners à Madrid, les 23, 24 et 25 avril, en dialogue direct avec l’uvre de l’artiste brésilienne Regina Silveira. L’événement se tient à la galerie La Oficina, où l’exposition Timeline reste visible jusqu’au 9 mai. Le collectif annonce un format immersif, pensé comme une séquence où art, gastronomie et communauté se répondent dans un même lieu.
Fondo Supper Club réunit Nora Silva, Marta Moya, Belén Cabello et Sara Oldenburg
Le projet se présente comme un supper club, un format de dîners à jauge limitée, construit autour d’un récit et d’un espace, davantage que d’une simple table. Derrière cette proposition, quatre fondatrices, Nora Silva, Marta Moya, Belén Cabello et Sara Oldenburg, revendiquent des approches issues de disciplines artistiques différentes, mobilisées pour fabriquer une expérience cohérente, du déroulé des plats à la mise en scène de la salle.
Dans l’écosystème madrilène, ces dîners se situent à la frontière entre événement culturel et proposition culinaire. Le principe, déjà exploré par plusieurs initiatives en Europe, repose sur une temporalité courte, des réservations anticipées et un cadre qui change selon le lieu partenaire. Fondo Supper Club s’appuie sur cette grammaire, avec une attention particulière portée à l’architecture intérieure, à la circulation des convives et à la manière dont le récit se construit au fil des services.
Les fondatrices mettent en avant la notion de communauté, souvent centrale dans les supper clubs contemporains. Ici, elle se traduit par la volonté de réunir des publics qui ne se croisent pas toujours, amateurs d’art contemporain, curieux de gastronomie, professionnels de la création. Le format favorise aussi les échanges, car la table devient un dispositif de discussion, avec un rythme qui laisse de la place à l’observation et à la conversation.
Ce positionnement s’inscrit dans une tendance plus large de la scène culturelle, où les galeries et lieux d’exposition multiplient les formats hybrides, talk, performances, dîners, pour élargir leur audience. Fondo Supper Club se situe dans cette logique, avec une proposition qui ne remplace pas la visite, mais la prolonge, en faisant du repas un médium à part entière.
Pour ce nouveau cycle, le collectif annonce une séquence tout visible de golpe, expression qui renvoie à l’idée d’une perception globale, immédiate, et à un déroulé pensé comme un montage. Le choix du lieu et de l’artiste sert de point d’ancrage, puis l’équipe construit autour un ensemble de gestes, de textures et de temps forts destinés à guider l’expérience.
La Oficina accueille trois dîners pendant l’exposition Timeline, visible jusqu’au 9 mai
Les dîners des 23, 24 et 25 avril prennent place à la galerie La Oficina, dans un calendrier aligné sur l’exposition Timeline, annoncée jusqu’au 9 mai. Cette synchronisation n’a rien d’anecdotique, car elle permet de lier la présence des uvres au moment du repas, sans dissocier le cadre artistique du dispositif culinaire.
Dans ce type de format, la galerie ne sert pas seulement de décor. Elle impose des contraintes concrètes, circulation, assises, acoustique, éclairage, auxquelles l’équipe doit répondre sans altérer l’intégrité du lieu d’exposition. Les supper clubs en galerie reposent souvent sur un équilibre délicat, accueillir des convives tout en conservant un rapport respectueux aux uvres, à la sécurité et à la médiation.
La Oficina, espace d’art contemporain, offre un contexte où l’on peut passer d’une observation silencieuse à une expérience collective. Le choix d’organiser plusieurs dates consécutives traduit une volonté de stabiliser le dispositif, tester un déroulé, ajuster le rythme, et élargir l’accès au-delà d’une seule soirée. Trois services permettent aussi de lisser la demande, tout en gardant la rareté qui fait partie de l’ADN des supper clubs.
Le lien avec Timeline sert de fil conducteur. Le titre évoque une ligne de temps, un enchaînement, une lecture par séquences, ce qui résonne avec l’idée d’un menu en plusieurs passes. Dans un dîner narratif, chaque assiette peut fonctionner comme un chapitre, et le lieu d’exposition renforce cette logique en ajoutant un second niveau de lecture, visuel et spatial.
Ce type d’événement attire souvent un public mixte, visiteurs réguliers de galeries, habitués de la scène gastronomique, professionnels de la création. L’enjeu pour l’organisateur consiste à rendre l’expérience lisible sans la rendre hermétique. À La Oficina, l’exposition constitue une porte d’entrée, et le dîner devient une manière d’habiter le lieu à un autre rythme, plus lent, plus attentif, avec des temps de pause qui favorisent l’échange.
Regina Silveira inspire un menu dégustation végétarien en réponse à la crise climatique
Au cur de cette série, l’artiste Regina Silveira sert de référence directe. Le collectif annonce un format où les convives peuvent savourer les nuances de son uvre à travers un menu dégustation conçu comme une réponse à la crise climatique. Le choix d’un menu végétarien s’inscrit dans un registre devenu fréquent dans la restauration contemporaine, celui d’une réduction de l’empreinte environnementale par l’assiette.
Le menu est annoncé en 6 passes, un format qui permet de travailler la progression, de la mise en bouche à un final plus construit, tout en laissant au récit le temps de se déployer. Dans les dîners immersifs, le nombre de services n’est pas seulement une donnée gastronomique, il structure l’attention. Six étapes donnent une cadence claire, et facilitent l’association à une exposition, où l’il passe d’un point à un autre, d’une pièce à une autre.
Le collectif prévoit aussi un accord boissons et un cocktail de bienvenue avec apéritif. Ce détail compte, car il marque le seuil de l’expérience, l’entrée dans le dispositif. Dans un supper club, l’accueil conditionne la lecture de la soirée, il installe le ton, le niveau de formalité, et la manière dont les convives se sentent autorisés à parler, à se déplacer, à regarder.
Le lien entre cuisine végétarienne et crise climatique peut prendre plusieurs formes, saisonnalité, réduction des produits animaux, travail sur les déchets, circuits courts. Fondo Supper Club ne détaille pas ici l’origine des ingrédients ni les procédés, mais l’intention affichée place le menu dans une logique de commentaire contemporain, où l’assiette ne se limite pas au goût. Pour un public habitué aux dîners thématiques, ce positionnement agit comme un cadre de lecture, et influence l’attente, textures végétales, fermentation, cuisson douce, usage d’herbes et de condiments.
La référence à Regina Silveira implique aussi une traduction, comment passer d’une uvre visuelle à des sensations gustatives. Les collectifs qui travaillent ce type d’exercice utilisent souvent des correspondances, contrastes, jeux d’échelle, répétitions, ruptures. Sans dévoiler les plats, l’annonce suggère une soirée structurée comme une séquence, où la perception se construit par couches, regard, odeur, goût, puis discussion.
Les supper clubs s’installent à Madrid entre art, design et gastronomie
À Madrid, les supper clubs gagnent en visibilité, portés par une demande pour des expériences moins standardisées que le restaurant classique. Le modèle repose sur des lieux atypiques, des collaborations ponctuelles et une communication souvent centrée sur la programmation. Dans ce paysage, Fondo Supper Club occupe une place identifiable, car le projet revendique un dialogue constant avec l’art contemporain, le design et l’architecture.
Cette hybridation répond à une évolution des pratiques culturelles. Les publics cherchent des formats où l’on peut vivre plusieurs choses dans un même temps, voir une exposition, rencontrer des personnes, découvrir une cuisine, sans cloisonnement strict. Le repas devient un vecteur social, et le lieu artistique apporte une densité symbolique. Pour les galeries, accueillir un dîner peut élargir l’audience, prolonger le temps de présence, et générer un autre type de conversation autour des uvres.
Le format pose aussi des questions très concrètes, accessibilité des prix, capacité limitée, sélection du public, et impact sur le voisinage ou sur le fonctionnement du lieu. Les supper clubs jouent souvent sur la rareté, ce qui peut créer une forme d’entre-soi. L’enjeu pour un projet comme Fondo Supper Club consiste à maintenir une exigence de proposition, tout en évitant de se refermer sur un cercle trop restreint.
Dans le cas présent, le partenariat avec La Oficina s’inscrit dans une logique de programmation, avec des dates identifiées et un lien explicite à Timeline. Cette clarté facilite la compréhension, on vient pour une exposition et pour un menu construit en réponse. Ce type d’alignement est souvent ce qui distingue un dîner thématique d’une simple privatisation de lieu.
À mesure que ces formats se multiplient, la différence se joue sur la rigueur, cohérence du récit, précision du service, qualité de l’accueil, et capacité à produire une expérience qui ne se contente pas d’illustrer l’art par la cuisine. Fondo Supper Club annonce une séquence immersive et communautaire, adossée à une artiste majeure de la scène latino-américaine, ce qui place la barre sur un terrain à la fois culturel et gastronomique, avec une attente forte sur la traduction sensible de l’uvre.
Questions fréquentes
- À quelles dates ont lieu les dîners Fondo Supper Club liés à Regina Silveira ?
- Fondo Supper Club annonce trois dîners programmés les 23, 24 et 25 avril, organisés à la galerie La Oficina, en lien avec l’exposition « Timeline » visible jusqu’au 9 mai.
- Quel format de menu est prévu pour ces soirées à La Oficina ?
- Le collectif communique sur un menu dégustation végétarien en 6 passes, pensé en réponse à la crise climatique, avec un accord boissons et un cocktail de bienvenue accompagné d’un apéritif.
- Où se déroule l’événement et quel est le lien avec l’exposition ?
- Les dîners se déroulent à La Oficina, la galerie qui présente « Timeline ». Le dispositif vise à faire dialoguer la visite des œuvres et la séquence culinaire dans un même espace, sur des dates alignées avec la période d’exposition.
Sources
- Ñam Ñam Festival: cuando la alta cocina sale a la calle – Tapas
- Fondo Supper Club le dedica su próxima cena a la artista Regina Silveira – Tapas
- FONDO SUPPER CLUB & LAST WEEKS FONDO … – Instagram
- FONDO Supper Club for “Processing the past and digesting the future”
- Fondo Supper Club: cenas clandestinas, arte y diseño en Madrid

